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Sciences exactes où sciences humaines :

9 septembre 2026 — La société

FORMER DES TECHNICIENS, MAIS AUSSI DES HOMMES CAPABLES DE PENSER LE PROGRÈS ?

Nous voyons d’ailleurs des titulaires du baccalauréat littéraire devenir d’excellents pilotes, informaticiens, techniciens ou professionnels de terrain grâce à une formation spécialisée et à une pratique rigoureuse. À l’inverse, certains diplômés de haut niveau peuvent éprouver des difficultés à traduire leurs connaissances en réalisations concrètes lorsqu’ils n’ont pas été suffisamment confrontés à la pratique.

Il est donc indispensable de repenser profondément l’orientation de nos systèmes éducatifs. L’Afrique a besoin de scientifiques, d’ingénieurs, de techniciens, d’artisans qualifiés et d’entrepreneurs innovants. Mais elle a également besoin d’historiens, de juristes, de philosophes, de sociologues, d’économistes et de spécialistes des relations internationales.

La science et la technique ne sont pas mauvaises en elles-mêmes. Cependant, lorsqu’elles sont séparées de l’éthique, de l’histoire et de la conscience humaine, elles peuvent aussi produire des instruments de destruction : la bombe atomique, les armes automatiques, les drones militaires et bien d’autres technologies meurtrières.

La question n’est donc pas de choisir entre les sciences exactes et les sciences humaines. Il faut plutôt construire une complémentarité intelligente entre elles.

Si la science est le moteur du développement d’une nation, les sciences humaines en sont le cerveau, la conscience et la boussole.

Former uniquement des techniciens, c’est courir le risque de savoir construire sans savoir pourquoi, pour qui et dans quel intérêt. Former uniquement des théoriciens, c’est risquer de savoir penser le monde sans disposer des moyens pratiques de le transformer.

L’Afrique doit former des femmes et des hommes capables à la fois de penser, d’inventer, de construire et d’humaniser le progrès.

Bonne réflexion.

Dr h.c Jean Baptiste ZEKRE